Fracture numérique

Les multiples campagnes à venir : filtrage, surveillance, exclusion du champ du numérique, sont, ouvrons les yeux, une résurgence d’une peur millénariste, et devraient avant tout questionner ceux qui hurlent avec les loups sur leurs propres peurs, leur incompréhensions, et leur faillite à apporter des réponses. Cette fracture numérique là est générationelle, et elle ne peut mener qu’à un conflit qui fera passer mai 68 pour une joyeuse fête de quartier.
L’opposition massive de cette génération 68, aujourd’hui au pouvoir, – tout courants politiques confondus – à cette inévitable évolution est non seulement vaine – on ne peut que repousser l’inévitable – mais contre productive. Elle ne peut que creuser plus encore le retard qui fera de notre société un pays du tiers monde numérique.
Fabrice Epelboin – Read Write Web : Vers une nouvelle fracture numérique

Fabrice dépeint ici une nouvelle fracture avec des arguments assez vrais, notamment ceux concernant la peur d’internet. Toutefois j’ai le sentiment qu’elle n’est que politique et marketing. Certains qui ont loupé des trains ou sont encore dans le mauvais wagon mais ont un peu de pouvoir tentent une dernière fois d’imposer leurs vues comme ils l’ont déjà fait par le passé.

Je ne crois pas à une nouvelle révolution venue de cette fracture numérique. Quand on se sentira trop oppressé sur internet, on cherchera la porte d’un internet secret et on laissera les autres « s’amuser » dans leur internet à eux.

La fracture n’est aussi pas aussi nette. Elle ne dessine pas selon des années de naissance, des moyens, l’accès à des technologies. Les jeunes sont certes hyper-connectés, mais les discussions sur MSN ne sont rien d’autres que celles que notre génération a pu tenir au téléphone. Quel usage font-ils aussi de leur incroyable capacité d’expression ? Peut être pas grand chose car ils ne se rendent pas compte de cette chance.

Ceux qui ont profité des radios libres sont ceux qui ont souffert de ne pouvoir s’exprimer. Ceux qui profitent le plus du potentiel d’internet sont pour moi ceux qui ont à un moment souffert des limitations des autres moyens d’expression. On pourrait penser que la génération X est encore une fois sacrifiée et pourtant je ne suis pas certain que ce ne soit pas elle qui s’éclate le plus. En tout cas pour ceux qui s’y intéressent…

La vraie fracture est là. Ceux qui s’y intéressent et les autres. Ma maman s’intéresse plus au potentiel d’internet que certains jeunes de 25 ans qui sont certes plus à l’aise avec l’outil mais ne savent pas forcément quoi en faire.