Bertrand Soulier

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Facebook réduit la visibilité des publications automatiques

Facebook a décidé de réduire la visibilité des statuts postés de manière automatiques et implicites par les applications et différents services.

Facebook avait commencé avec Instagram il y a quelques jours. Jusqu’à maintenant, si vous aimiez une photo dans Instagram, Facebook le mentionnait dans votre flux d’activités et le ticker avec un message « Bertrand a aimé cette photo sur Instagram » et un lien vers la photo. Désormais, il faut une action volontaire de partage de votre part pour que ce soit le cas.

On avait pu constater depuis quelques temps que Facebook avait commencé à réduire la visibilité de tous ces messages automatiques postés par les Pinterest, Farmville, Spotify, Runkeeper, Nike+ et bien d’autres. C’est désormais officiel :

Nous avons constaté que les histoires publiées volontairement par les membres depuis les applications tierces sont généralement plus intéressantes et obtiennent un plus grand engagement dans le fil d’actualités que les histoires partagées par les applications tierces sans action explicite. Nous avons également entendu que les gens se sentent souvent surpris ou confus par les histoires qui sont partagés sans action explicite.
Dans les prochains mois, nous accorderons la priorité aux messages postés explicitement à partir d’applications sur ceux postés implicitement. Cela signifie que les gens verront moins de messages implicites d’applications tierces à l’avenir. Mais les membres continueront de voir des contenus pertinents et intéressants que leurs amis ont publié volontairement depuis des applications tierces.

Open Graph trop transparent

Pour Mark Zuckerberg cela ressemble bien à un accroc dans sa vision d’un Open Graph qui recense de manière transparente toutes nos activités. Dans son idée de transparence absolue ou de partage total, le créateur de Facebook avait beaucoup misé sur ces statuts automatiques capables de partager ce que vous écoutez comme musique sur Spotify ou ce que vous lisez sur The Washington Post. Mais ces messages auto-publiés révélaient aussi parfois que vous consultiez des articles et vidéos moins sérieux ou passiez du temps sur un jeu.

Facebook a surtout échoué dans le contrôle de ces publications par l’utilisateur. J’ai volontairement accepté que Spotify partage la musique que j’écoute car cela ne dévoile finalement pas d’information importante ou gênante. Mais je n’ai aucune envie qu’un journal publie automatiquement tout ce que je lis, ne serait-ce que parce qu’une part de mes lectures constitue de la veille professionnelle. Je n’ai pas envie dans ce cadre de semer des petits cailloux. Certains se sont fait aussi avoir avec la consultation de contenus plus gênants.

Les utilisateurs de Facebook étaient donc de plus en plus nombreux à considérer ces messages comme du spam. C’est d’ailleurs le véritable défi pour Facebook car de nombreux utilisateurs, notamment les adolescents, trouvent que Facebook est désormais beaucoup trop publicitaire. Le réseau ne pouvait couper la manne financière que représente la publicité payée et réduit donc cette source de contenus qui faisait beaucoup de publicité gratuite aux applications qui avaient mis en place ces publications.

Elles étaient toutefois de plus en plus signalées comme spam par les utilisateurs du réseau social. Facebook a d’ailleurs constaté qu’en réduisant leur visibilité, le nombre de déclarations comme spam a baissé de 75%. Le réseau social donne donc l’impression qu’il fait ça pour améliorer la qualité de notre flux de nouvelles après avoir grandement aidé à le détériorer.

Les développeurs vont devoir s’adapter

Les développeurs qui ont beaucoup misé sur cette fonctionnalité pour développer la visibilité des applications vont donc aussi devoir revoir leur plan. En réduisant la visibilité de ces publications automatiques, Facebook les décourage d’ailleurs d’ajouter cette fonction dans leurs applications.

Les développeurs vont donc devoir adapter leurs outils de viralité et nous devrions sans surprise avoir de plus en plus d’invitations dans les applications elles mêmes à partager nos actions de manière explicite. Mais on s’éloignera ainsi du partage « pousse bouton » invisible pour des boutons de partage et des actions plus complexes type « Ajoutez un message pour dire à vos amis pourquoi vous aimez cette photo » pour tenter de maximiser la visibilité.

Facebook a d’ailleurs mis en place de nouveaux boutons Like pour mobile et web incluant cette deuxième étape de partage une fois que vous avez cliqué dessus :

Nouvelles options de partage dans Facebook

Mais il faut tout de même noter que Facebook n’a pas annoncé le retrait de cette fonctionnalité dans ses APIs. Si ces notifications seront moins visibles par nos amis elles continueront à alimenter nos profils. Spotify remplit par exemple en permanence ma section musique. Il y a là pour Facebook un amas de données sur lesquelles il n’entend pas faire une croix.

Un impact sur Buffer ou Hootsuite ?

Beaucoup se posent aussi la question de savoir si cette décision aura un impact sur des services d’automatisation et de gestion de ses contenus comme Buffer ou Hootsuite. On peut penser que non car les gens utilisent ces outils pour partager volontairement du contenu.