Bertrand Soulier

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Les chefs français contre le foodporn quand un restaurant américain surfe dessus

Comodo<em>Restaurant</em>NYC

Lu chez Korben cette info comme quoi deux chefs français sont exaspérés par les clients qui prennent des photos dans leur restaurant. Pour un chef « si les gens prennent en photo coupé et l’envoient sur les réseaux sociaux, ça enlève la surprise. »

Un autre chef a lui représenté un appareil photo barré sur sa carte : « Les photos ne sont pas interdites, mais je veux créer l’interrogation. On n’arrive pas à déconnecter les gens. »

Il n’y pas longtemps dans une formation j’avais déjà évoqué ce type de craintes de la part des restaurateurs français pour illustrer que certains ont une vision totalement différente des choses.

Instagram menu

Je cite en effet souvent dans mes cours et formations sur le picture marketing le cas du restaurant Comodo à New-York. Ce restaurant à un positionnement totalement différent puisqu’il incite ses clients à prendre des photos et les poster sur Instagram.

En intégrant le hashtag #ComodoMenu sur ses menus, le restaurant invite les clients à regarder le compte Instagram pour voir à quoi ressemblent les plats. Surtout, le restaurant encourage les gens à publier sur Instagram (et donc sur Facebook, Twitter, Foursquare via le partage) et donc à faire du bruit, transmettre, recommander le restaurant à leurs amis.

Voici ce qu’expliquait le patron du Comodo à Mashable :
« People love taking pictures of food when they go out, and we wanted to use what was organically happening on social media sites and turn it into a helpful and fun tool at the restaurant. We’ve been encouraging guests to post pictures on Instagram to spread the word, and the feedback has been great. »

Surfer sur la tendance plutôt que la combattre inutilement

Bien entendu, on soulèvera que le Comodo n’est pas un restaurant trois étoiles, mais les chefs français qui doivent travailler leur nom comme une marque devrait aussi regarder cet exemple. C’est une manière de surfer et profiter de la tendance lourde du foodporn ou foodographie. Les photos culinaires sont ainsi dans le top 10 des sujets de photos les plus partagés sur des réseaux comme Facebook, Pinterest ou Tumblr.

Sur le long terme, un chef aurait donc tout intérêt à ce que ces clients fassent voyager ces produits car après-tout le fort remplissage des restaurants étoilés n’est peut être pas immuable. Surtout qu’en interdisant les photos, ces chefs créent de la frustration et dévaluent par ce biais la qualité perçue du repas avant même que le client ne plante la fourchette dans son assiette. Dommage !

Au lieu de mettre un appareil photo barré, peut être pourraient-ils mettre trois consignes pour réussir sa photo avant que le plat refroidisse.