Bertrand Soulier

En direct ;-)

Ecrire avec trois brouillons

L’écriture est un exercice difficile. Cela dépend du sujet, de chaque personne, de notre habitude et de notre facilité à écrire. Pour ceux qui ont le plus de mal, voici la méthode des trois brouillons.

Chacun a sa propre méthode pour rédiger articles et textes plus ou moins longs, mais c’est un exercice redouté par beaucoup. Blogueur depuis des années pour de multiples supports, rédiger est devenu pour moi une seconde nature. Mais le mythe de l’auteur ou du journaliste qui sort un texte parfait du premier coup doit être balayé.

Car trois choses sont certaines :

  • il peut être difficile de commencer à écrire. On parle d’ailleurs souvent du syndrome de la page blanche,
  • le premier jet est rarement jamais le bon,
  • on parfois du mal à assumer ses écrits.

La combinaison de ces trois éléments freine souvent mes clients qui veulent ouvrir un blog pour leur entreprise. Quand je les accompagne en formation dans la rédaction et la publication de leurs premiers billets nous pouvons passer 2-3 heures à écrire, relire, modifier le premier billet. Et je ne compte pas le temps qu’ils ont passé seuls sur leur premier jet. En général, quelques semaines après, ce départ difficile n’est plus qu’un mauvais souvenir, mais il faut commencer un jour.

Trois brouillons

Commencer, voilà bien la difficulté. Tout écrit, tout article, tout billet de blog et même tout blog, commence par des efforts importants : trouver la première idée, l’axe que l’on souhaite développer, réfléchir à ses arguments…

Pourtant il faut bien débuter à un moment, et souvent les premiers mots déclenchent un flot qui vient plus facilement. C’est l’auteur Anne Lamott qui a évoqué ces trois étapes dans Shitty First Drafts. Voici en quoi elles consistent :

Le premier brouillon : il sert à faire sortir vos idées d’une manière ou d’une autre. Il n’est pas nécessairement rédigé dès le départ. Vous pouvez par exemple commencer la rédaction par une liste de vos idées sur un bout de feuille, une sorte de plan autour duquel vous allez ensuite construire votre texte. Il n’est peut-être même pas écrit, mais peut être dicté avant d’être ensuite tapé. Il m’arrive ainsi régulièrement d’enregistrer vocalement mes idées sur mon iPhone pour les retrouver plus tard. Ce peut être un brainstorming ou un mind-mapping pour faire émerger les grandes idées. J’inclus aussi dans cette étape la collecte des documents et informations que vous souhaitez inclure dedans, interviews aussi dans certains cas.

Le deuxième brouillon : il sert à améliorer son texte ou parfois le rédiger réellement suivant votre premier brouillon. Il permet de le retravailler, le développer, l’ordonner, vérifier ses informations et ses idées. Il doit permettre d’aboutir à un écrit beaucoup plus proche du résultat final. Vous pourrez en être très satisfait ou peut-être pas totalement. Mais ce n’est qu’une étape.

Le troisième brouillon : c’est l’étape qui vous permet d’aboutir à la version finale. Et il ne s’agit pas simplement de vérifier son titre, son introduction, sa conclusion et les enchaînements. Il ne s’agit pas non plus de seulement vérifier l’orthographe ou la mise en page. Il s’agit aussi et surtout de simplifier et clarifier son propos. Clarifier c’est parfois découper une phrase, la ciseler pour que l’argument claque. Parfois c’est ajouter une petite information, mais ce peut être à l’inverse la suppression d’une phrase ou même d’un paragraphe complet qui ne servait finalement à rien. C’est aussi le moment de le faire relire par quelqu’un d’autre si vous le souhaitez.

Ces trois étapes ne sont peut-être pas forcément trois moments distincts. Parfois je les enchaine très vite mais elles peuvent se succéder à un rythme différent : immédiatement donc, après le temps d’une pause thé ou café, une heure, un repas, une journée, une semaine, un mois… cela dépend de chacun mais aussi de ce que l’on rédige. A vous d’adapter la méthode à votre rythme à vos contraintes de temps.

Enfin la méthode vous donne de la sécurité et donc de la confiance. Vous avez eu le temps de préparer et développer vos idées. Vous avez eu le temps de perfectionner votre texte. Appuyer sur le bouton publier devient alors plus facile.