Bertrand Soulier

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Une journée de sensibilisation en collège

Je fais depuis deux ans des interventions dans les collèges qui font face à des problèmes récurrents avec Facebook. J’interviens ainsi pour sensibiliser à une utilisation plus réfléchie d’internet et des réseaux sociaux.

J’étais ce mardi dans un collège pour une intervention sur l’utilisation de Facebook et des réseaux sociaux. J’étais déjà venu l’an dernier dans ce même collège faire une intervention semblable avec les classes de 4e et 5e. Cette année je ne fais que les classes de 5e que nous avons considérées avec le proviseur comme l’âge charnière.

Les élèves de 6e sont encore très scolaires et moins concernés par Facebook. Ce n’est pas seulement le cas de ce collège, j’ai déjà constaté la même chose avec les classes de 6e que j’ai eu ailleurs. Quant aux élèves de 4e, que j’ai parfois dans d’autres établissements, ils ont déjà eu le temps de faire des bêtises ou souffrir de l’utilisation maladroite de l’outil.

Ainsi, les collèges sont souvent confrontés à de vrais problèmes avec Facebook à partir de la 5e. Cette classe est vraiment compliquée avec des disparités entre les élèves d’un même âge assez incroyable. Quand on leur fait face, on a l’impression d’avoir des élèves qui ont deux ans de différence entre eux. Certains font « bébés » quand d’autres sont de « vrais ados ».

80% sur Facebook

En revanche il y a une certaine homogénéité dans l’utilisation des réseaux. Un sondage à main levée m’a confirmé qu’environ 80% sont inscrits sur Facebook cette année. C’est important et source de nombreuses tensions qui démarrent souvent en ligne et finissent à l’intérieur du collège.

L’infirmière scolaire m’expliquait d’ailleurs que de nombreux élèves débarquent en pleurs dans son bureau à cause de ce qui a pu se dire sur Facebook la veille puis s’est transporté dans le collège dans la journée. C’est une constante dans tous les collèges où je suis intervenu depuis deux ans.

Ainsi, de nombreux élèves sont confrontés à des difficultés avec le site : propos qui dérapent, photos qui circulent contre leur volonté, informations personnelles trop partagées, pression psychologique qui va jusqu’au cyberharcèlement. Beaucoup se sentent impuissants sans oser le dire. Dans le même temps, ils continuent à collectionner les amis pour faire comme les autres et amplifient quelque part le risque.

L’inquiétude des parents est donc très importante d’autant qu’ils se sentent démunis et étrangers à ces outils. Il devient aussi plus fréquent que les familles finissent par aller voir la police quand ils n’arrivent pas à faire retirer des photos de leurs enfants.

Donner les clés

Mon intervention, tant au niveau des élèves pendant la journée que des parents le soir, ne vise surtout pas à diaboliser. J’essaie surtout de leur donner des infos sur les outils dont ils disposent et sur les réflexes à adopter pour protéger un peu leur vie privée. En deux heures avec chaque classe nous balayons ainsi quelques thèmes de leur quotidien. J’essaie de les sensibiliser à l’importance de leur mot de passe, aux règles de confidentialité sur Facebook et surtout à ne pas se croire plus fort que les sites en pensant tout maitriser.

C’est aussi une manière de les faire réfléchir sur leur identité numérique et ce qu’ils en font, les faire réaliser qu’ils ne sont pas obligés de tout partager. Enfin, je termine toujours par un aparté sur le cyberharcèlement qui est malheureusement un vrai fléau dans les établissements scolaires. J’ai toujours remarqué qu’il y avait à ce moment là une attention particulière.

Ce sont systématiquement des journées passionnantes !