Bertrand Soulier

En direct ;-)

La lassitude de l'intervenant

amphi

J’ai vécu en ce mercredi matin un de ces cours dont je déteste le déroulement et l’ambiance. Dans les presque 200 heures de cours que je donne chaque année, j’essaie de partager ma passion pour internet, transmettre des bons réflexes, de l’expérience, des idées, donner des exemples qui parlent aux élèves, les impliquer… Parfois on y arrive mieux que d’autre et parfois pas du tout…

J’avais cours ce matin avec des Licence 3 en communication, une promo de 70–80 élèves dans un petit amphi. Déjà, rentrer dans cette salle où les rangs du fond sont beaucoup plus remplis que ceux de devant change singulièrement la donne en comparaison des promos plus réduites de Master 2 dans des salles plus confidentielles. Mais j’ai déjà fait des interventions devant 200 élèves.

Mais il y’a ce bruit de fond récurrent, permanent. Dans Petite poucette, Michel Serres parle bien de ce phénomène du bavardage. Ces élèves dont le cerveau est connecté en direct sur le net n’ont pas besoin de savoirs bruts qu’ils trouvent facilement, mais de choses différentes, suffisamment extraordinaires.

C’est ce que je m’évertue à leur donner tant par les sujets (communication et marketing en ligne, Facebook, picture marketing, social shopping…) que par le format du cours et des slides keynote. N’ayant pas forcément été un élève attentif je me dis qu’il faut leur proposer mieux qu’un prof qui s’installe devant le micro et lit son cours pendant deux heures.

Mais parfois comme ce matin cela ne semble pas suffire. Deux heures à essayer de garder dedans ceux qui veulent vraiment s’intéresser au sujet. Deux heures qui paraissent longues. Deux heures où certains élèves intéressés grimacent à chaque nouveau bavardage bruyant des « camarades » du fond. Deux heures dont je suis sorti exténué…

C’est un peu décourageant mais aussi déconcertant sur finalement le rôle que nous pouvons jouer. J’apprécie la transmission de l’enseignement, mais parfois en sortant de certaines salles je repense à mes « camarades » qui finissent par abandonner, lassés par des élèves qu’on ne sait plus vraiment comment intéresser…